Noé Delaunay souffle le verre à Biot, où la bulle est une tradition et non un défaut. Il a appris chez un maître verrier de Murano, puis est revenu s'installer à deux pas du four où il avait fait son premier stage à dix-sept ans.
Il travaille au verre recyclé — bouteilles de la région, concassées et refondues — ce qui donne à ses pièces une teinte vert d'eau qu'aucun colorant ne reproduit. « La couleur, c'est ce que les gens ont bu avant moi. » Le four tourne six jours sur sept ; le dimanche, il refroidit.